![Tof](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/tof_tattoo-on-move.jpg)Tof

Tatoueur depuis 1995

 [ ![Instagram](https://tattoo-on-move.fr/images/logo/logo-instagram.png) @tof\_on\_move ](https://instagram.com/_u/tof_on_move/ "Ouvrir ma page Instagram dans un nouvel onglet")## Tattoo On Move : le parcours atypique d'un tatoueur globe-trotter

## Exil à Madagascar et rencontre providentielle

Né à Bergerac, Tof a déjà plusieurs voyages à son actif quand, en 1995, à seulement 23 ans, il quitte la France pour Madagascar, où vit alors son père. En quête d'aventure et cherchant à donner un nouveau tournant à sa vie après de nombreuses mésaventures, il part d'abord le rejoindre et découvrir le pays. La vie sur place lui plaît : il décide de rester. Environ un an plus tard, le hasard place sur sa route Marco Leoni, un pionnier du monde du tatouage. Italien de naissance, il est surtout connu pour avoir été le premier tatoueur du Brésil (« Into You »), avant d'ouvrir « Body Markings » à Bologne et d'organiser les conventions de tatouage de Bologne et de Riccione.

Cette rencontre imprévue marque un tournant. Tof réalise des fresques murales avec les moyens du bord, et Marco, quand il n'est pas en pleine brousse malgache ou à Bologne, se plaît à passer le voir, si bien qu'ils finissent par en réaliser quelques-unes ensemble. Entre le jeune exilé et l'artiste chevronné naît une amitié sincère. Lors de ses passages à Tana (Antananarivo), Marco, qui voyage avec deux amis, loge chez Tof plutôt qu'à l'hôtel : Tof dispose d'une grande maison, où les repas italiens s'enchaînent. Marco y tatoue Tof et des amis de passage. Tof, curieux, s'intéresse à ce mélange de gravure et de peinture, pose des questions, et très vite Marco commence à lui transmettre son savoir-faire et sa passion du tatouage.

À l'époque, les ressources pour tatouer sont limitées, surtout à Madagascar. Il n'y a que très peu d'encres disponibles et le matériel se fait rare. Rien de ce qu'on trouve facilement aujourd'hui n'est accessible : on soude les aiguilles à la main, avec plus ou moins de bonheur, pour créer les différents faisceaux qui vont encrer la peau. Qu'importe : armé de conseils avisés, dans un mélange d'italien, de brésilien et de balbutiements de français, le jeune homme se débrouille et apprend les bases du métier dans des conditions artisanales. Marco lui laisse un peu de matériel et lui montre comment souder les aiguilles ; mais il travaille quatre mois par an en Italie et part souvent en brousse, et Tof ne le voit qu'environ une fois tous les deux mois. Le reste du temps, il apprend seul, dans des conditions « assez folkloriques ». Son tout premier tatouage, environ un an après leur rencontre, il le fait sur lui-même : un petit kanji sur la cuisse, pour comprendre les sensations. Dans la cité où il habite, chaque maison a son gardien ; il demande au sien de prévenir les autres gardiens qui voudraient se faire tatouer. Son activité démarre ainsi. Ces premiers pas, improvisés mais déterminés, posent les fondations d'une vocation naissante.

## Tatoueur itinérant à Madagascar

Que ce soit à Tana ou ailleurs sur l'île Rouge, aucune boutique. Tof rencontre bien quelques tatoueurs malgaches qui travaillent chez eux, en « hand poke » (pas par choix), mais il comprend qu'il doit aller chercher les clients là où ils sont. Fort de cet apprentissage informel, il reprend la route, comme à son habitude, et se lance comme tatoueur itinérant à travers Madagascar. Le chemin est long, mais il parcourt les principales villes du pays en taxi-brousse. À chaque nouvelle escale, il placarde quelques affiches dans les hôtels, les bars et autres lieux de rencontre pour annoncer ses services. Puis, durant deux à trois semaines, il tatoue une petite clientèle locale ou de passage, pour des tarifs dérisoires — à peine quelques francs de l'époque, l'équivalent d'un ou deux euros. L'argent gagné lui suffit tout juste à vivre modestement : le jour, il trace des motifs sur la peau, et la nuit, il profite de la vie festive malgache avec insouciance. Une fois la bourse renflouée et l'ennui venu, il reprend la route vers une autre ville, et répète ce mode de vie nomade pendant plusieurs années.

[![Aloalo Tattoo, sa boutique à Tana](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/aloalo-tattoo-tana.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/aloalo-tattoo-tana.jpg)Aloalo Tattoo, sa boutique à TanaAvec le temps, fort de l'expérience accumulée, il finit par ouvrir sa première vraie boutique de tatouage à Antananarivo, la capitale malgache : Aloalo Tattoo. L'établissement devient un point de rendez-vous sympathique, reflet de la belle époque qu'il vit alors à Madagascar. Les soirées y sont animées et arrosées, l'ambiance bon enfant. Les tatouages s'enchaînent et, même s'ils ne rapportent pas grand-chose, ils se multiplient pour le plaisir de la pratique.

[![Un soir, dans sa boutique de Tana](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tof-boutique-tana-soir.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tof-boutique-tana-soir.jpg)Un soir, dans sa boutique de TanaQuelques voyages dans l'océan Indien suivent : Mayotte, quelquefois, pour tatouer chez des amis rencontrés à Madagascar — une belle île, mais beaucoup trop petite pour notre voyageur. Il tente sa chance sur l'île de La Réunion et fait le tour des boutiques. Son style plaît : à Saint-Denis, Chovel Tattoo le prend dans son équipe. Beaucoup de tatouages et beaucoup de fêtes, mais Madagascar lui manque. Même s'il y retourne une fois par mois, la vie en ville ne lui plaît pas : il repart à Madagascar.

Durant cette période, il n'est pas qu'un simple tatoueur : il vit aussi d'autres aventures insolites. Aux côtés d'un ami thaïlandais, il se lance même dans la chasse aux saphirs lors de la « ruée du saphir » à Madagascar — une parenthèse étonnante où il traque les pierres précieuses dans la brousse.

Au fil du temps, cependant, la situation se complique. Entre des voyages de plus en plus fréquents avec Marco à travers l'île (à bord d'un 4x4 pour s'enfoncer dans la brousse malgache) et une certaine insouciance administrative, les affaires ralentissent. Des ennuis administratifs finissent par ternir le tableau. Au tournant des années 2000, il est contraint de quitter Madagascar précipitamment. Ce départ forcé met un terme brutal à cette première aventure exotique, riche en enseignements et en fêtes, et il rentre en France le cœur lourd.

Il en profite pour rendre visite à son ami Marco Leoni à Bologne, et c'est durant cette période qu'il assiste, en simple visiteur émerveillé, à sa toute première convention de tatouage. Et pas n'importe laquelle : l'incontournable convention de Riccione, orchestrée par Marco Leoni lui-même. Voir réunis autant d'artistes tatoueurs de renom dans une atmosphère effervescente le marque profondément. Ce bain de foule et d'encre lui fait prendre conscience de l'ampleur de la communauté du tatouage à travers le globe et le conforte dans sa voie.

## Aventures en Thaïlande et nouvelles rencontres

Mais de retour en France après cinq années passées sous les tropiques, le tatoueur en herbe peine à retrouver ses marques. L'Hexagone lui paraît morose après la liberté malgache. C'est alors qu'un ancien camarade d'affaires thaïlandais — celui-là même avec qui il avait chassé le saphir — lui propose de le rejoindre en Thaïlande pour les quinze jours qu'il doit passer dans son pays natal. L'idée d'un nouvel horizon le tente. Muni d'un simple aller simple et de 1 500 francs en poche, il s'envole pour Bangkok, prêt à saisir cette chance.

À son arrivée, rien ne se passe comme prévu. Son ami, retardé par un contretemps, n'est pas là pour l'accueillir à l'aéroport. Livré à lui-même dans l'immense capitale asiatique, il passe quelques jours en solo, dérouté mais exalté par l'énergie de Bangkok. Finalement, un proche de son ami vient le chercher à moto — et pas n'importe laquelle : une grosse cylindrée de police, empruntée au frère officier. Le voilà qui traverse Bangkok à toute allure, sirène hurlante, pour rejoindre son hôte. L'aventure thaïlandaise commence sur les chapeaux de roues, au sens propre.

Il s'installe pour une semaine chez son ami et découvre le quotidien de celui-ci, négociant en saphirs. Ensemble, ils font le tour de la Thaïlande, entre transactions de pierres précieuses et périples improvisés. Puis l'ami doit repartir à Madagascar pour ses affaires, laissant notre voyageur seul à Bangkok. Ce qui ne devait être qu'un court séjour se prolonge : il décide de rester et s'imprègne de la culture locale pendant six mois entiers.

[![Avec Jimmy Wong, à Bangkok](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tof-jimmy-wong-bangkok.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tof-jimmy-wong-bangkok.jpg)Avec Jimmy Wong, à BangkokDurant cette immersion, il rencontre Jimmy Wong, le plus ancien tatoueur de Bangkok, une véritable légende vivante du tatouage en Thaïlande. Jimmy tient un petit studio dans le quartier chaud des bars à hôtesses et a pour habitude de ne travailler que la nuit, lorsque l'effervescence bat son plein. Le Français s'intègre à son atelier : chaque après-midi, il ouvre la boutique en attendant la venue du maître, puis poursuit la soirée à tatouer à ses côtés jusqu'à l'aube. L'ambiance nocturne est électrique, entre néons, musique et effluves de rue, mais propice à un apprentissage unique. Auprès de Jimmy Wong, il perfectionne son art et découvre un autre visage du tatouage, plus urbain et underground.

Il en profite pour se faire tatouer par les moines des tatouages traditionnels de protection, les **Sak Yant**, et fait le tour de la Thaïlande en bus, en train et à moto, profitant d'une vie agréable.

[![Bangkok, juin 2001, chez Jimmy Wong](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/jimmy-wong-tattoo-bangkok-2001.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/jimmy-wong-tattoo-bangkok-2001.jpg)Bangkok, juin 2001, chez Jimmy WongCe séjour thaïlandais est aussi fertile en rencontres professionnelles. Un jour, un tatoueur des Pays-Bas, Floor Kramer, pousse la porte du studio. Séduit par le coup de patte du Français, il l'invite à venir travailler dans son propre shop à Breda. Peu après, c'est Gilles, un tatoueur de Saint-Laurent-du-Var, qui fait escale chez Jimmy Wong juste avant de rentrer en Europe. Le courant passe si bien qu'il propose à notre globe-trotter de venir tatouer quelques jours dans son studio à l'occasion. Ces contacts internationaux élargissent ses horizons : le tatouage lui ouvre décidément les portes du monde.

[![À Breda, chez Floor Kramer (à droite)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tof-floor-kramer-breda.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tof-floor-kramer-breda.jpg)À Breda, chez Floor Kramer (à droite)Durant cette période, il rencontre Noy, une jeune Thaïlandaise, qui deviendra sa femme. Chez Jimmy Wong, il rencontre aussi un jeune tatoueur thaïlandais, Bo Tattoo, qui l'invite à venir travailler dans son shop à Khon Kaen, l'une des plus grandes villes du pays, mais où passent très peu de touristes à cause de sa situation : elle se trouve dans l'Isan, le Nord-Est, la région des rizières et la plus chaude du pays. Il y reste plusieurs mois, et alterne les séjours à Khon Kaen, à Bangkok et dans d'autres villes pour explorer toutes les régions du pays. Il profite de la saison des pluies en Thaïlande, qui correspond à l'été en Europe, pour aller travailler chez Gilles Tattoo à Saint-Laurent-du-Var et chez Floor Kramer aux Pays-Bas, sans oublier de rendre visite à son très cher ami Marco Leoni à Bologne, qui travaille tous les étés pour pouvoir repartir en voyage.

## Retour en France et création de Tattoo On Move

Fort de ces expériences asiatiques et européennes, il rentre finalement en France au début des années 2000, avec de nouveaux projets en tête. Il a désormais trente ans, une épouse thaïlandaise rencontrée pendant son séjour en Asie, et l'envie de s'ancrer quelque part sans renoncer pour autant à son esprit vagabond.

Après son mariage, il tente une nouvelle aventure à l'étranger en retournant quelque temps en Italie, où son mentor Marco Leoni dirige toujours son studio Body Markings à Bologne. Le couple vit sur place pendant trois mois, le temps pour lui d'assister Marco et de s'imprégner du fonctionnement d'un grand studio européen. Malheureusement, Marco reparti à Madagascar, son associé voit d'un mauvais œil l'arrivée de ce Français qu'il connaît peu, et le lui fait sentir. Plutôt que de s'éterniser dans une ambiance tendue, notre tatoueur préfère plier bagage.

De retour en France, il trouve refuge dans un studio de la région d'Aix-en-Provence, Aixtrême Tattoo, où il travaille d'arrache-pied pendant plus d'un an. C'est l'occasion pour lui de consolider sa technique, de fidéliser une clientèle locale et de s'habituer au rythme soutenu d'un studio établi. Néanmoins, l'appel de l'Asie résonne encore en lui.

Rêvant de retrouver l'effervescence thaïlandaise, il envisage un temps d'ouvrir un shop à Bangkok. Mais les démarches administratives et les obstacles légaux pour un étranger qui souhaite monter un commerce en Thaïlande se révèlent décourageants. Il doit se rendre à l'évidence : son avenir immédiat se jouera en France.

[![Tattoo On Move à L'Isle-sur-la-Sorgue, à son ouverture en 2005](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-ouverture-2005.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-ouverture-2005.jpg)Tattoo On Move à L'Isle-sur-la-Sorgue, à son ouverture en 2005C'est alors qu'une opportunité inespérée se présente. En 2005, on lui propose un local à L'Isle-sur-la-Sorgue, une charmante ville de Provence. Il décide de s'y installer et d'ouvrir son propre studio de tatouage. Fidèle à l'esprit nomade qui l'a toujours guidé, il le baptise **Tattoo On Move** — un nom franglais qui évoque à la fois le tatouage et le mouvement perpétuel. Dès son ouverture, en juin 2005, Tattoo On Move attire la curiosité, puis la fidélité, d'une clientèle séduite par le style éclectique et l'expérience de ce tatoueur globe-trotter. Enfin chez lui, sans vraiment cesser de voyager, il jette les bases de ce qui deviendra une aventure entrepreneuriale florissante.

## Succès, apprentis et esprit d'équipe

[![L'ouverture, en juin 2005](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-fete-ouverture-2005.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-fete-ouverture-2005.jpg)L'ouverture, en juin 2005Le studio Tattoo On Move rencontre rapidement le succès à L'Isle-sur-la-Sorgue. Fort de son parcours atypique et de son bagage international, le tatoueur propose des styles variés et une ouverture d'esprit qui le distinguent. Les rendez-vous s'enchaînent et la réputation du shop grandit. En 2016, il y tatouera même le chanteur Renaud. Chaque année, toutefois, il s'accorde une pause hivernale de deux à trois mois — généralement de janvier à mars — durant laquelle il ferme boutique pour repartir en Thaïlande retrouver sa femme et renouer avec l'Asie qui lui est chère. Ces parenthèses lui permettent de recharger ses batteries, de faire le plein d'inspiration et de s'occuper des formalités de visa de son épouse lorsqu'elle le rejoint en Provence pour de courts séjours.

Lors d'une de ses escales à Bangkok, il rencontre un tatoueur installé en Angleterre, surtout fabricant d'encre de tatouage. Le courant passe bien, et celui-ci lui propose de devenir son unique revendeur en France. Entrepreneur et fonceur, Tof se lance en 2006 dans la vente de matériel de tatouage. Les débuts sont difficiles, mais à force de persévérance, et avec l'aide d'un ami de longue date qui était commercial en boulangerie (rien à voir, mais le commerce, c'est le commerce), il parvient à s'imposer dans le monde du tatouage. Il court les conventions au moins une fois par mois, comme revendeur et comme tatoueur, et voyage ainsi un peu partout en Europe. La société, Aloalo Tattoo Supply, devient rentable, connue et reconnue dans le milieu.

Avec le temps, l'entente avec son associé, Olivier, n'est plus ce qu'elle était. Leurs vues sur le développement et l'avenir de la société divergent, et cette direction n'intéresse plus notre globe-trotter. Tof n'est pas attiré par le côté pécuniaire de l'affaire : il aime relever les défis, et cette mésentente le rend triste. En 2016, il décide de céder ses parts à son associé pour une somme modique. La société s'appelle depuis La Compagnie du Tatouage. Ce choix lui permet de consacrer toute son énergie à ce qu'il aime vraiment : tatouer et développer ses studios.

Avec le temps, son épouse thaïlandaise finit par s'installer quelque temps en France à ses côtés. Mais le couple ne dure pas : leurs chemins se séparent et un divorce survient, sans fracas ni amertume. Ils restent néanmoins en bons termes. Preuve de ce lien conservé, il lui a tatoué tout le dos — une œuvre dont elle est fière, qu'elle considère comme une protection, et qu'elle rêve d'étendre un jour à l'ensemble de son corps. Cette page personnelle tournée sans drame, le tatoueur se consacre plus que jamais à sa véritable famille : celle de son atelier.

Au fil des années, Tattoo On Move voit défiler de nombreux apprentis et collègues tatoueurs. Le fondateur prend plaisir à former de jeunes artistes et à partager avec eux son expérience. Certains apprentis brillants ne restent que brièvement avant de voler de leurs propres ailes ; d'autres, prometteurs, gâchent malheureusement leurs chances en prenant de mauvaises directions.

Il y a aussi eu des déceptions, et certaines ont été douloureuses. Pourtant, loin de s'aigrir, il encaisse ces épreuves avec philosophie. Il pardonne sans rancune, considérant qu'il n'a rien à se reprocher, et continue d'avancer la tête haute.

Au milieu de ces tumultes, de belles histoires éclosent. Bambi en est le meilleur exemple. Arrivé tout jeune en apprentissage, Bambi va passer plus de dix ans au sein de Tattoo On Move. Sous l'aile de son mentor, il peaufine son style et gagne en confiance, jusqu'à devenir un tatoueur accompli… et même à dépasser le maître. Fier de son protégé, le fondateur le voit ouvrir son propre shop à Aubenas, preuve que la relève est assurée. Mieux encore, Bambi revient régulièrement en guest tatouer à L'Isle-sur-la-Sorgue, témoignage de l'attachement qui les lie. C'est même Bambi qui a tatoué intégralement le dos de son ancien maître — un travail magistral dont ce dernier se targue volontiers. Plus qu'une équipe, Tattoo On Move a su faire naître une famille de cœur. C'est cet esprit de camaraderie et de transmission qui fait, au-delà du talent individuel, la force et la fierté du studio.

## Saisons au bord de la mer et expansion en Provence

Le succès de Tattoo On Move donne des idées d'expansion à son créateur. En 2011, Fabrice, de Nîmes Tattoo, qu'il avait rencontré plusieurs fois et qui était devenu son ami, l'appelle pour lui parler d'une opportunité : reprendre le street shop « Fun Tattoo » que Jammy, tatoueur très connu et réputé d'Arles, avait monté au Grau-du-Roi presque dix ans auparavant. Toujours prêt pour l'aventure, Tof accepte l'association. Chaque été, de 2011 à 2014, il partage son temps entre la quiétude provençale de L'Isle-sur-la-Sorgue et l'effervescence du Grau-du-Roi en pleine période touristique.

Au Grau-du-Roi, la haute saison du tatouage est intense. En juillet et en août, le studio tourne à plein régime : ouvert de 10 h du matin jusqu'à minuit, sept jours sur sept. Beaucoup de tatoueurs viennent y travailler une ou plusieurs semaines en semi-vacances : leurs femmes et leurs enfants profitent de la plage pendant qu'eux tatouent des clients venus de la France entière. La cadence est éprouvante, et toute l'équipe tient bon à grand renfort de passion (et de café). Chaque nuit, après la fermeture, le rituel est immuable : on se retrouve entre collègues dans un restaurant local, le Gepetto, ouvert jusqu'au petit matin, pour décompresser autour d'un bon repas et de quelques verres. On rit, on refait le monde, puis chacun va s'écrouler quelques heures avant de reprendre le service le lendemain. Le dernier jour de la saison, tous sont sur les rotules, mais heureux d'avoir vécu ce marathon estival ensemble. L'expérience est très enrichissante, sur le plan humain comme sur le plan artistique, et reste une aventure mémorable dans le parcours du tatoueur.

[![Le Fun Tattoo du Grau-du-Roi, à la reprise, en 2011](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/grau-du-roi-fun-tattoo-reprise-2011.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/grau-du-roi-fun-tattoo-reprise-2011.jpg)Le Fun Tattoo du Grau-du-Roi, à la reprise, en 2011[![Un soir d'été, devant le studio du Grau-du-Roi](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/grau-du-roi-fun-tattoo-soir.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/grau-du-roi-fun-tattoo-soir.jpg)Un soir d'été, devant le studio du Grau-du-Roi[![Avec Fabrice et Marco, au Grau-du-Roi](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/grau-du-roi-fabrice-marco-tof.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/grau-du-roi-fabrice-marco-tof.jpg)Avec Fabrice et Marco, au Grau-du-Roi

Mais toute bonne chose a une fin : après quelques saisons épuisantes, Fabrice et Tof décident de passer le flambeau. Le shop du Grau-du-Roi est repris par Marie, une tatoueuse qui travaillait chez Fabrice et qui perpétue depuis l'activité avec brio. Cette cession coïncide avec une nouvelle opportunité, plus proche de la base provençale de Tattoo On Move. À Carpentras, non loin de L'Isle-sur-la-Sorgue, un pilier local du piercing — surnommé malicieusement « Le Seigneur des Anneaux » — prend sa retraite et met en vente sa boutique. L'affaire est d'autant plus alléchante que le commerce est situé juste à côté d'un petit studio de tatouage. Flairant le bon filon, notre tatoueur s'associe à Bambi, désormais son bras droit, et rachète le magasin de piercing. L'année suivante, ils acquièrent également le studio de tatouage mitoyen, tenu par Patrick sous l'enseigne Tatouland. Quelques coups de marteau plus tard, une ouverture relie les deux locaux et un grand espace voit le jour. C'est ainsi que Tattoo On Move s'agrandit en 2014 avec une seconde adresse, à Carpentras.

[![Carpentras, le magasin de piercing à la reprise, en 2014](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-reprise-2014.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-reprise-2014.jpg)Carpentras, le magasin de piercing à la reprise, en 2014[![La façade en 2016](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-facade-2016.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-facade-2016.jpg)La façade en 2016[![Un soir de 2016](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-facade-nuit-2016.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-facade-nuit-2016.jpg)Un soir de 2016[![La façade en 2019](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-facade-2019.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-facade-2019.jpg)La façade en 2019

Le nouveau shop, qui regroupe tatouage et piercing sous la même bannière, trouve vite sa clientèle. Grâce à la réputation déjà solide de Tattoo On Move et à l'équipe talentueuse qui officie entre ses murs, l'adresse de Carpentras prospère à son tour. Désormais à la tête de deux boutiques complémentaires, notre tatoueur globe-trotter a ancré durablement sa passion au cœur de la Provence.

## Le tatouage toujours en mouvement

[![À Bangkok, chez son ami Nuy, au All Style Tattoo](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tof-nuy-all-style-tattoo-bangkok.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tof-nuy-all-style-tattoo-bangkok.jpg)À Bangkok, chez son ami Nuy, au All Style TattooLe nom Tattoo On Move n'a pas été choisi au hasard. « On Move » évoque le mouvement perpétuel, et c'est bien ainsi qu'il conçoit son métier et sa vie. Voyageur dans l'âme, il continue de parcourir le monde dès qu'il le peut, même depuis qu'il s'est établi en France. À chaque escapade, il ne peut s'empêcher d'aller à la rencontre des tatoueurs locaux, de pousser la porte de studios étrangers, d'échanger des techniques, de s'inspirer des styles d'ailleurs. Il lui arrive souvent de participer à des conventions internationales ou simplement de rendre visite à de vieux amis rencontrés au gré de son périple.

[![Le meuble de l'aquarium, imaginé par Tof, en 2012](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/meuble-aquarium-2012.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/meuble-aquarium-2012.jpg)Le meuble de l'aquarium, imaginé par Tof, en 2012Parfois, il s'offre même des expériences insolites. Un soir à Bangkok, alors qu'il traîne dans la rue, il saisit spontanément la machine d'un tatoueur de trottoir qui discutait avec lui et réalise à sa place le tatouage d'un client, sans rien demander en échange. Le sourire aux lèvres, il laisse son compère thaïlandais empocher le billet : pour lui, le simple fait de tatouer dans la moiteur de la nuit bangkokoise, en pleine rue, est une récompense en soi.

Cette bougeotte, il l'exprime aussi sur le plan local, dans l'aménagement de ses boutiques. Perfectionniste et créatif, il a repensé et remodelé l'intérieur de Tattoo On Move à de multiples reprises. En vingt ans, le shop de L'Isle-sur-la-Sorgue a changé de décor au moins dix fois, chaque rénovation apportant son lot d'améliorations : nouvelles cabines plus confortables, fresques originales sur les murs, éclairages repensés, mobilier sur mesure… À l'approche des 20 ans du studio, il s'est même offert une petite folie esthétique en faisant graver au laser les portes d'un grand placard aux armes de Tattoo On Move, ornées d'inscriptions en alphabet thaï. Ces portes majestueuses comptent parmi ses fiertés, et il envisage déjà de décliner l'idée sur d'autres éléments du décor.

[![La façade de L'Isle-sur-la-Sorgue en 2012](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-isle-facade-2012.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-isle-facade-2012.jpg)La façade de L'Isle-sur-la-Sorgue en 2012[![La façade en 2014](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-isle-facade-nuit-2014.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-isle-facade-nuit-2014.jpg)La façade en 2014[![La façade en 2015](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-isle-facade-2015.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-isle-facade-2015.jpg)La façade en 2015[![La façade en 2022](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-isle-facade-2022.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-isle-facade-2022.jpg)La façade en 2022

Au-delà du lieu, c'est l'équipe qu'il chouchoute. Il a à cœur de cultiver un véritable esprit d'équipe dans ses studios. Travailler chez Tattoo On Move, c'est entrer dans une famille — « la family », comme il aime le dire. La camaraderie, l'entraide et la bonne humeur sont des valeurs qu'il fait vivre au quotidien. Il sait se montrer exigeant — son caractère bien trempé ne fait aucun doute —, mais il est aussi profondément attaché aux liens humains. Ceux qui travaillent avec lui apprécient son franc-parler et sa passion communicative. En retour, il admire la loyauté et le talent de ceux qui l'entourent. Toujours en mouvement, toujours en quête de nouveautés, il insuffle à son entourage cette énergie créative intarissable.

## L'âme des boutiques : décoration et spiritualité

Si ses studios dégagent une atmosphère si particulière, c'est qu'ils sont le reflet de son âme voyageuse et spirituelle. La décoration y tient une place primordiale. Dès qu'on pousse la porte, on est frappé par la présence chaleureuse du bois, par les sculptures et les objets d'art qui ornent les étagères. Chaque recoin raconte une histoire, ramenée d'un périple lointain ou d'une rencontre marquante. Certes, au fil des ans, la collection de souvenirs a parfois envahi l'espace au point de le surcharger, mais le maître des lieux a récemment fait un peu de tri pour ne garder que l'essentiel, sans rien ôter de l'âme des lieux.

[![L'accueil, à L'Isle-sur-la-Sorgue, en 2024](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-isle-accueil-2024.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-isle-accueil-2024.jpg)L'accueil, à L'Isle-sur-la-Sorgue, en 2024[![La salle d'attente](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-isle-salle-attente-2024.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-isle-salle-attente-2024.jpg)La salle d'attente[![Une cabine](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-isle-cabine-2024.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tattoo-on-move-isle-cabine-2024.jpg)Une cabine

[![L'un des deux Yaksha, dans la vitrine de Carpentras, en 2025](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-yaksha-2025.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-yaksha-2025.jpg)L'un des deux Yaksha, dans la vitrine de Carpentras, en 2025Dans la boutique de Carpentras, deux gardiens veillent discrètement derrière les hautes vitrines : deux statues de **Yaksha**, ces géants protecteurs qu'on aperçoit à l'entrée des temples thaïlandais. Ces statues en bronze ancien, patinées par le temps, ne sont pas de simples bibelots. Elles ont une histoire mystique : lors d'un de ses voyages en Asie, le tatoueur est tombé sous leur charme. Il raconte souvent que ce sont elles qui l'ont « appelé » depuis l'échoppe d'un antiquaire de Bangkok, comme si leur destin était de finir ici, en terre provençale, pour monter la garde sur son studio. Avant d'être expédiés en France, les deux Yaksha ont été bénis et purifiés dans un temple, selon les rites bouddhistes. Ils trônent désormais fièrement dans la vitrine, censés protéger le shop et ceux qui y travaillent. Le tatoueur entretient un rapport presque affectif avec ces gardiens silencieux : il leur attribue volontiers le mérite d'écarter les ondes négatives et de veiller sur la bonne fortune de Tattoo On Move.

[![L'accueil de Carpentras, en 2019](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-accueil-2019.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-accueil-2019.jpg)L'accueil de Carpentras, en 2019[![La salle d'attente de Carpentras, en 2025](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-salle-attente-2025.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-salle-attente-2025.jpg)La salle d'attente de Carpentras, en 2025[![Le dragon du studio de Carpentras](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-dragon.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/carpentras-dragon.jpg)Le dragon du studio de Carpentras

[![Tatoué par un moine au Wat Bang Phra, près de Bangkok](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/sak-yant-wat-bang-phra.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/sak-yant-wat-bang-phra.jpg)Tatoué par un moine au Wat Bang Phra, près de BangkokMais l'ésotérisme des lieux ne s'arrête pas aux statues. Lui-même porte sur son corps les traces de ses expériences spirituelles. Fasciné par la culture thaïlandaise, il s'est fait réaliser plusieurs tatouages sacrés par des moines bouddhistes au cours de ses séjours. Ces tatouages traditionnels, les **Sak Yant**, sont exécutés à l'ancienne, à la main avec une longue aiguille, dans le recueillement de temples parfois perdus au fin fond de la campagne. Chaque motif — tigre mystique, yantra géométrique, incantations en langue pali — est censé apporter protection, force ou chance à celui qui le porte. Le rituel est impressionnant : le moine tatoueur récite des prières tout en encrant la peau, insufflant une « magie » au dessin. L'un de ces moines, dit-on, aurait même fini par perdre l'esprit, tant l'énergie qu'il manipulait était puissante — un détail qui en dit long sur le caractère à part de ces pratiques. Chaque séance, souvent douloureuse, a été pour lui une épreuve initiatique et une source de fierté. Il porte désormais de nombreux tatouages de protection, invisibles pour la plupart sous ses vêtements, mais dont il sent chaque jour la présence bienveillante.

Il essaie de retourner de temps en temps en Thaïlande pour un événement très particulier lié à ces tatouages sacrés. Non loin de Bangkok se tient en effet le fameux **Wai Khru**, une cérémonie annuelle durant laquelle des milliers de porteurs de Sak Yant se rassemblent dans un temple pour « recharger » la magie de leurs tatouages. On l'appelle parfois le « jour du pouvoir ». L'atmosphère y est indescriptible : sous la chaleur moite, au son des tambours et des chants, des fidèles entrent en transe, possédés par l'esprit de leurs tatouages d'animaux ou de divinités, tandis que les moines officiants bénissent à tour de bras. Il l'a vécu à plusieurs reprises, en simple observateur parmi la foule, et en est chaque fois ressorti bouleversé. « Il faut le vivre pour comprendre », dit-il simplement quand on l'interroge à ce sujet. Ces immersions spirituelles nourrissent sa vision du tatouage comme un art pas seulement esthétique, mais aussi chargé de sens et d'énergie.

Rien d'étonnant, finalement, à ce qu'il ait fait de ses studios bien plus que de simples ateliers de tatouage. Ce sont des espaces vivants, à la croisée du musée personnel, du temple païen et du lieu de création. Chaque objet, chaque photographie au mur, chaque talisman rapporté de voyage contribue à l'identité unique de Tattoo On Move. Cette identité, c'est la sienne : celle d'un artiste voyageur pour qui le tatouage est indissociable de la découverte du monde et de la quête de soi.

En parcourant l'itinéraire de ce tatoueur pas comme les autres, on comprend que son parcours est à l'image de ses encres : riche en couleurs, en symboles et en émotions. Parti de presque rien sur une île lointaine, il a su, au gré des rencontres et des épreuves, se réinventer sans cesse. De Madagascar à la Thaïlande, des rues animées de Bangkok aux ruelles de Provence, il a tracé sa propre voie, guidé par la passion du tatouage. Aujourd'hui, entouré de son équipe, qu'il considère comme sa famille, il continue d'avancer, toujours en mouvement.

## Une nouvelle aventure avec Marco, en Tunisie

L'histoire ne s'arrête pourtant pas là. Les années passent, les boutiques évoluent, mais certaines amitiés restent. Celle qui unit Tof à Marco Leoni, depuis leur rencontre à Madagascar, en fait partie.

Il y a environ cinq ans, Marco s'est installé en Tunisie. Il travaille alors dans un studio dont les conditions ne sont pas vraiment à la hauteur de ce que Tof souhaiterait pour lui. Tof lui propose d'investir pour l'aider à ouvrir un nouvel endroit. Il en a la possibilité et, surtout, l'envie : c'est une façon de soutenir cet homme qui lui a tant apporté.

Ils ouvrent ensemble un très beau studio. Malheureusement, l'aventure se termine mal, et le studio leur échappe. Une expérience décevante, qui laisse le regret d'un beau projet interrompu, mais qui ne remet pas en cause leur amitié.

Aujourd'hui, Marco revient régulièrement à L'Isle-sur-la-Sorgue. Il aime passer du temps avec Tof, travailler un peu au studio et retrouver l'équipe. L'ambiance lui plaît, tout comme les liens qu'il y a noués. Leur histoire commune continue ainsi, loin de Madagascar, dans cette boutique provençale devenue un autre point de rendez-vous.

Tof garde une profonde reconnaissance envers lui. Il est heureux que leurs chemins se soient croisés et que Marco lui ait montré une voie dans laquelle il se reconnaît encore, trente ans plus tard. Le tatouage s'est installé dans sa vie petit à petit, au fil de cette amitié, des voyages et des premiers essais. Avec le recul, il a le sentiment que cette voie était faite pour lui.

## Une équipe qui grandit, une transmission qui continue

Aujourd'hui, Tof tatoue moins. Il se consacre davantage à la gestion des deux boutiques et laisse plus de place à sa jeune équipe. Il continue de tatouer des amis et certains clients qui souhaitent passer sous ses aiguilles, mais choisit désormais ses projets. Son quotidien prend un rythme plus tranquille, même si les studios occupent toujours une grande place dans sa vie.

À Carpentras, Flo s'occupe du tatouage et Alyson du piercing. À L'Isle-sur-la-Sorgue, Zoé tatoue et Ilona assure le piercing. Quatre personnes, quatre personnalités, auxquelles Tof est profondément attaché.

Zoé a commencé son apprentissage début 2023. Depuis, Tof l'a vue progresser, prendre confiance et trouver sa place. Elle travaille aujourd'hui au quotidien au studio comme tatoueuse, avec un goût pour l'old school, le new school et les réalisations fines. Il admire son travail et son humilité, qui lui rappelle celle de Bambi. Le lien qu'il entretient avec elle dépasse le seul cadre professionnel : elle tient une place presque familiale dans sa vie.

[![Avec Zoé, à ses débuts, en 2023 (Bambi derrière)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tof-zoe-debuts-2023.jpg)](https://tattoo-on-move.fr/images/Galerie_photo/tatoueurs/tof/bio/tof-zoe-debuts-2023.jpg)Avec Zoé, à ses débuts, en 2023 (Bambi derrière)Voir avancer Zoé et repenser au chemin parcouru par Bambi sont de grandes fiertés pour lui. Il ne prétend pas être le meilleur professeur, mais il est heureux d'avoir pu leur transmettre ce qu'il savait, ce qu'il avait appris et une certaine façon de vivre le métier. Il espère les voir aller loin et continuer à s'épanouir dans leur art.

Flo, lui, est arrivé en sachant déjà tatouer. Il n'a pas été l'apprenti de Tof, mais leur travail au sein d'une même équipe a permis des échanges et une progression que Tof suit avec plaisir. Flo observe, pose des questions, demande des conseils et partage aussi beaucoup. Son travail s'affirme au fil du temps, notamment autour des mandalas, du dotwork et des motifs fins.

Au-delà de sa technique, Tof apprécie son humilité, sa curiosité et sa culture. Son parcours comprend des études d'archéologie, un autre aspect de sa personnalité qui impressionne Tof. Il voit en lui quelqu'un qui respecte le tatouage et qui garde l'envie d'apprendre tout en développant son propre univers.

Alyson et Ilona comptent tout autant dans cet équilibre. Tof apprécie ces deux pierceuses, chacune avec son caractère et sa personnalité. Tout le monde a le sien, lui compris. Ce qui compte à ses yeux, c'est le plaisir de travailler avec l'équipe telle qu'elle est aujourd'hui, et l'attachement qu'il éprouve pour chacun.

Au fil des années, il a également transmis à d'autres personnes qu'il ne revoit plus. Les chemins se séparent parfois, sans que cela efface le plaisir d'une rencontre ou ce qui a été partagé. D'autres souvenirs sont plus difficiles. Il ne cherche pas à les embellir : les bonnes comme les mauvaises rencontres ont fait partie de son expérience.

## Retour aux racines : le champagne

Tof n'est pas né en Champagne, mais il y a passé des morceaux d'enfance, à Vertus, tout au début de la Côte des Blancs, chez sa grand-mère Jacqueline. Institutrice, puis directrice d'école, stricte et droite, elle avait quelques parcelles de vigne. La coopérative lui rachetait son raisin et la payait en bouteilles, qu'elle habillait elle-même dans son sous-sol : encoller l'étiquette bien droite, poser la coiffe sans la froisser. Gamin, Tof l'aidait, les doigts collants. Il ne le savait pas encore, mais elle lui apprenait déjà son métier : marquer, laisser une trace nette.

Elle a su, à la fin, que son petit-fils avait fait de la peau son métier, mais elle est partie trop vite pour qu'ils en parlent. Son petit banc de bois, lui, n'a jamais quitté la pièce où il tatoue.

Aujourd'hui, Tof réunit ses deux vies. À Vertus, un ami vigneron, qui fait tout lui-même, de la grappe à la bulle, élabore des cuvées rien que pour lui, sur le terroir de son enfance. Leur nom : **Champagne Tatouage by Tattoo on Move**. Il arrive bientôt.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

## « Même après trente ans, je suis toujours apprenti »

Pour Tof, devenir un tatoueur autonome ne signifie jamais avoir fini d'apprendre. Zoé exerce aujourd'hui son métier, Flo développe son style, et lui-même continue à apprendre après trente ans de pratique. Il le dit simplement : « On est toujours apprenti. On a toujours à apprendre des autres. »

Cette conviction traverse toute son histoire. Il a reçu de Marco, appris auprès d'autres artistes, découvert des façons de travailler dans plusieurs pays, puis partagé à son tour ce qu'il pouvait transmettre. L'apprentissage continue dans les échanges du quotidien, les conseils demandés ou donnés et le regard porté sur le travail des autres.

Son regard sur le monde du tatouage a pourtant changé. Il reconnaît le talent de nombreux artistes de la nouvelle génération et la qualité de leur travail. Mais il se retrouve moins dans l'ambiance actuelle du milieu et ressent moins l'envie de participer aux conventions. L'esprit rock'n'roll, les rencontres et la liberté de ses débuts lui manquent.

Ce qui le déçoit, c'est notamment la place que peut prendre l'argent, et l'idée qu'il suffirait d'acheter du matériel bon marché et de regarder quelques tutoriels pour devenir tatoueur. À ses yeux, ce métier demande davantage : du temps, de l'apprentissage, des échanges et du respect pour ce que l'on fait. C'est cette manière de l'aborder qu'il souhaite continuer à faire vivre auprès de son équipe.

Tof choisit aujourd'hui les projets qui lui parlent et trouve une grande satisfaction à voir les autres progresser. Le retour régulier de Marco au studio, le parcours de Bambi, l'évolution de Zoé et les échanges avec Flo prolongent chacun à leur façon cette histoire de rencontres et de transmission.

Et l'envie de nouvelles aventures est toujours là. Un projet d'association humanitaire en Afrique, autour de l'élevage d'insectes pour contribuer à l'alimentation des populations, se dessine également. Mais cette fois, comme il le dit lui-même, c'est une autre histoire, qu'il racontera plus tard.

Pour l'instant, la suite s'écrit entre ses deux boutiques, les projets qu'il choisit de tatouer et les personnes avec lesquelles il aime travailler. Toujours en mouvement, et toujours apprenti.

## Prendre rendez-vous avec Tof

Pour lui proposer votre projet, la réservation en ligne dans nos deux studios et les réponses aux questions fréquentes sont sur [la page de Tof](https://tattoo-on-move.fr/tattoo/nos-tatoueurs/tof).
